Etre maman, ce long parcours semé d’embûches (Récit de maman, #PMA)

Aujourd’hui je laisse mon blog à Amélie, qui a voulu parler de son parcours pour avoir un bébé.
Parce que la nature est mal faite, que notre utérus n’en fait qu’à sa tête, et que parfois, avoir un enfant n’est pas aussi simple qu’un arrêt de pilule…
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Aujourd’hui, mon fils a 11 mois. Je suis une Maman comblée, j’aime m’occuper de lui, jouer avec lui, et tout simplement le regarder. Chaque jour passé à ses côtés m’apporte un immense bonheur. Et chaque jour aussi, je me dis que j’ai une chance phénoménale de l’avoir, car malheureusement, j’ai du « me battre » pour l’avoir.

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Lorsque mon mari et moi avons décidé que nous étions prêt pour « être 3 », je n’imaginais pas devoir passer par toutes les épreuves que nous allions devoir surmonter. Je m’imaginais pouvoir tomber enceinte au bout de quelques mois, comme toutes les femmes « normales » ! Mais non, le temps passait, et aucune règle à l’horizon.
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Le discours du médecin se voulait rassurant : « C’est normal que ça prenne un peu de temps pour revenir à la normale après une longue période sous pilule. Ne vous inquiétez pas, ça va revenir tout seul ! » Mais non, rien ne se passait. J’avais arrêté de psychoter en me disant que j’étais enceinte, 2 tests négatifs consécutivement, ça suffisait à me plomber le moral.
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Je décide tout de même d’aller voir ma gynéco qui me suit depuis mon adolescence. Et là, idem, un beau discours rassurant. Elle me prescrit quand même un bilan hormonal pour voir si tout va bien. Ce bilan est bien sûr normal, mais impossible de voir dans quelle « phase du cycle » je suis (car tout simplement, je n’avais aucun cycle en route !).
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Le temps passe, et ça devient dur à accepter. On met quand même la famille proche au courant, car les réflexions du style : « Alors, toujours pas de bébé à l’horizon ? », ça fait très mal. Pour lui comme pour moi. Mais je pense que c’est moi qui souffrait le plus car je me sentais coupable de cette situation : c’était moi le point bloquant vu que je n’avais pas de cycle !
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Ma gynécologue décide de forcer un peu un retour à la normal avec un traitement bien connu, le Dudu comme on dit chez les initiés. Mais là encore, 0 résultat. Grosse déception et surtout énorme interrogation : Pourquoi ça ne fonctionne pas ?????
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Elle décide de me faire un bilan plus complet en hôpital de jour : en gros, une prise de sang à T0, une injection d’hormones pour stimuler les sécrétions d’hormones dans le corps et des prises de sang régulières pour voir comment ça réagit. Moi qui suis hyper difficle à piquer, je ne vous dit pas la galère vécue. Heureusement, ma mère m’avait accompagnée. Elle m’a bien soutenue car je n’aurais pas pu affronter cela seule. Surtout que j’étais dans une chambre avec 2 autres patients. Donc le « meilleur » moment a été « l’interview » par le médecin pour comprendre un peu le contexte. C’est vrai que c’est super facile de décrire sa vie intime alors que des inconnus sont là à côté (ma mère ayant été invitée à sortir, normal). 

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Et là, un long, très long, très long moment pour obtenir les résultats car tout simplement, l’hôpital a oublié de les envoyer à ma gynéco ! Plus de 2 mois de perdus… Et un jour, un message sur mon répondeur me disant que rien n’a lair grave suite à cela, mais qu’il faut donc aller voir une endocrino car ça dépassait sa compétence.
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Plus de 2 mois 1/2 pour avoir un RDV. On l’attendait vraiment celui-là, et au final, rien de concret. Elle m’a dit, « On va laisser passer un peu de temps, aller voir une psy (car c’est peut être un blocage psychologique) et on se revoit dans 3 mois« . Elle nous a tout de même parler d’un dispositif qui serait peut être la solution si jamais ça ne marchait pas, une sorte de pompe qui m’injecterait la fameuse hormone qui me manque pour avoir des cycles normaux. Un gros espoir.
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Beaucoup de frustration suite à cela, et l’image d’être un peu zinzin car ça serait mon ciboulot qui bloque ce désir immense d’avoir un enfant ? Mon mari n’y croit pas, mais je suis les recommandations et consulte. Au final, j’ai trouvé quelqu’un de très agréable, j’y allais 2 fois par mois, ça me faisait du bien car ça me permettait de me poser les bonnes questions. Je pense que ça nous a aidé aussi avec mon mari. Car on ne le dit peut être pas assez, mais dans un couple, ces épreuves marquent.
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Je ne compte pas les pleurs, les coups de blues que nous avons eu chacun notre tour. Et moi, j’essayais tant bien que mal de me débarrasser de cette culpabilité. Plus facile à dire qu’à faire !
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Plus de 3 mois après ce fameux rdv, vu que rien n’avait changé, on imaginait pouvoir enfin commencer l’utilisation de cette pompe, et bien nous avons vite déchanté ! Il fallait avant passer toute une batterie de tests !!! Et là, on a l’impression que le temps devient long, ça faisait plus d’un 1 an que j’avais arrêté la pilule. Et les tests à passer, encore une nouvelle angoisse d’apprendre une mauvaise nouvelle. Car on n’a pas envie de cumuler les ennuis… Je résumerais cette phase de tests par les mots suivants : souffrance et inquiétude. Surtout quand on doit les passer 2 fois car le médecin n’y arrive pas la 1ère fois… Pour celles qui sont passées par là, l’hystérographie, c’est la loose 1 fois, et bien 2 fois c’est encore pire ! Mon mari fait lui aussi un test. Pas douloureux pour le coup, mais il l’a bien vécu. Mais je pense que pour un homme, ça ne doit pas être top non plus de se mettre dans ce type de situation.
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L’été arrive et la phrase : « On va attendre la rentrée pour utiliser la pompe » te déchire le cœur. Toujours cette impression qu’on perd son temps ! On le veut cet enfant…
Un dernier petit coup de Dudu avant la pompe, et là, ça marche plus ou moins ! Ouah, on a l’espoir qu’avec la pompe, ça marche vite !
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Cette fameuse pompe est un beau bijou technologique. Dispositif à me coller sur le ventre (après avoir injecter un produit dedans) et un petit cathéter si pique sous ma peau pour m’injecter une hormone. C’est quand même un peu douloureux, mais « le mulot » comme nous l’avions baptisé se faisait discret. Avec ce dispositif, un gros suivi (écho + prise de sang tous les 3 jours) pour évaluer comment je réagis. Et youpi, un 1er vrai cycle. Le traitement (malgré tous ses désagréments peu galmour : bouffées de chaleur entre autres) fonctionne.
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OK, pas de bébé, mais ça marche. On attend le 2ème cycle avec impatience. Malheureusement, rien. Là, grosse déception. L’endocrino se veut rassurante. Nous prenons tout de même la décision de nous lancer dans l’aventure « adoption« . Nous voulons fonder une famille, peut importe comment. Je me renseigne et écrit la lettre au conseil général.
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Au 3ème essai, elle me prescrit en plus des injections d’hormones, donc rdv chez une infirmière en plus des prises de sang et écho. Et là, ça ne se passe pas comme d’habitude, je ne réagis pas pareil. L’ovulation se fait attendre. On a peur bien sûr que cela ne puisse plus fonctionner. Mais on essaye de rester calme, d’autant plus que nous avons la réunion pour l’adoption de planifiée. A l’écho suivante, j’apprends que le « bon moment » est déjà passé en fait. Etrange ! Et surtout, grosse déception car c’est trop tard ! On pense avoir mal calculé et donc d’avoir perdu un cycle.
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La déception fut encore plus grande quand l’endocrino nous dit que pour le 4ème essai, on va laisser passer une petite pause car c’est mauvais de tout enchaîner. J’ai voulu lui dire que pour mois 3 cycles en 5 mois, c’était pas vraiment « enchaîner« , mais bon, c’est elle qui gère, et nous on suit.
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Pas facile de laisser son destin entre les mains d’un praticien…
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Mais étrangement, bizarrement, sans savoir ni pourquoi ni comment, nous n’avons pas eu besoin de ce 4ème essai.
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Ce 3ème, qui selon nous était foiré dès le départ, nous a apporté la plus belle chose du monde !
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Pour moi, ces 18 mois ont été les plus longs de ma vie.
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Et je sais bien que ce n’est QUE 18 mois, car je connais d’autres femmes qui patientent bien plus que ça.
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Mais c’est dur un parcours de PMA, on se retrouve toutes pareilles dans ces salles d’attentes : on envie les femmes qui tombent enceintes au 1er coup ! On veut avoir ce beau bidon et vivre des échographies pour voir son bébé et non pas voir si un follicule est mâture ou pas
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Je sais que nous avons réussi à traverser tout cela ensemble car ma famille nous a bien aidé. Je n’en dirais pas tant pour la sienne, c’est un peu « la honte » de ne pas réussir à faire d’enfant.
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Et oui, le regard des autres blesse énormément.
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Combien de fois j’ai voulu hurler quand j’entendais : « Et bien, c’est pour quand vous le bébé ???? »……
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Aujourd’hui, je suis reconnaissante auprès de toute cette équipe médicale, car sans eux, je ne pourrais pas sourire le matin en entendant mon fils chanter dans son lit !
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Et je dis courage à toutes ces femmes qui se battent, et je leur souhaite de tout cœur de pouvoir vivre ce bonheur qu’est la maternité !
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Etre mère, c’est pas évident, mais ne pas pouvoir l’être, c’est pire…
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Je pense très fort à toutes les femmes qui sont en essai bébé, en parcours PMA, FIV, et qui n’espèrent qu’une chose, voir leur ventre s’arrondir. Gros bisous à mes copines qui se reconnaitront, qui sont plus forte que je ne pourrais jamais l’être, et qui, je leur souhaite, deviendront des mamans comblées car tout le monde mérite de donner la vie…
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A bientôt pour un autre récit de maman, et n’hésitez pas à me contacter si vous voulez parler de quelque chose en particulier sur votre expérience de maternité, prématurité, handicap, problème, mais aussi espoir…
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  1. très beau récit !! je me reconnais des certains passages car moi j ai eu mes deux filles par PMA !
    alors le dudu , les pds et echo , hystéro tt ça je l ai vécu 3opérations des ovaires et grace a mon super gygy et l équipe PMA j ai pu donner la vie deux fois !

    je n oublie pas mes cops d aventure car sans le soutien de chacune c est des moments longs et difficiles !!

    bonne continuation

  2. On s’ est lancé ds l’aventure pma sans savoir où on allait. 1 chouette équipe, des pds, des injections et 1 fiv plus tard 1 petite graine de bébé se développe tranquillement ds mon ventre. Nous avons eu 1 immense chance d’avoir 1 réussite du 1er coup, malgré des embryons pas top selon gygy. Courage à toutes ces familles ds l’attente, la récompense est au bout du chemin!!

  3. Nous avons rue notre premier petit bout au bout de 4 mois après l’arrêt de la pillule

    Pour le deuxième ça me paraît une éternité
    20 mois depuis l’arrêt de la pillule. Un rdv chez le Gygy qui me dit que y out va bien et ne veut rien commencer pour le moment… je perds parfois un peu espoir et ce genre de discours remonte le moral…
    Un peu marre d’entendre : » tu en as un c’est déjà bien! »
    Bon courage à toutes et tous