Pourquoi je n'aurai pas de deuxième enfant (Récit de maman)

Pourquoi je n’aurai pas de deuxième enfant (Récit de maman)

Je laisse mon blog aujourd’hui à une maman courageuse qui a voulu témoigner, car malheureusement, elle n’est pas toujours comprise, et que l’idée d’un enfant unique suscite parfois des réflexions, des regards pas toujours gentilles.

Je laisse donc Marie nous raconter son histoire…

 

Pourquoi je n’aurai pas de deuxième enfant

 

L’arrivée de mon fils m’a submergée de bonheur. J’avais 29 ans, j’étais tu avec le papa depuis 5 ans mais on se connaîssait depuis des années. J’ai toujours voulu être maman, j’étais l’aînée d’une famille 6 enfants, ça vient peut être de là. Quelques mois après l’arrêt de ma pilule, je tombais enceinte.

L’accouchement a été plutôt rapide. 7 heures de travail et un beau bébé. Bonheur. Un bonheur tellement immense que, même trois ans après, les mots me manquent pour le décrire.

Un bonheur que je ne veux plus revivre. Jamais.

Pourquoi?

Parce que si ma grossesse s’est bien déroulée, j’ai fait une hémorragie deux heures après mon accouchement. Un moment inoubliable… Imaginez la scène: Bébé est là, papa et maman sont heureux comme jamais. Et là, mon lit devient rouge sang, en quelques secondes, je me « vide ». J’essaye de rester calme mais quand je lis de l’inquiétude dans le regard de l’infirmière, je panique. On me redescend au bloc, j’ai peur, je vois au loin mon mari et mon bébé de quelques heures dans ses bras…

Et là, une question me traverse l’esprit : « Et si je ne remonte jamais du bloc? Et si c’est la dernière fois que je les vois? ». Au final, au retour du bloc, tout rentre dans l’ordre.

L’hémorragie ne m’a pas fait mal, mais était très impressionnante. On ne m’a pas vraiment dit à quoi c’était du… On m’a juste dit « hémorragie de la délivrance » c’est tout. J’ai voulu en savoir plus mais quand j’ai vu que personne ne répondait, j’ai laissé tomber, trop sonnée pour insister, en me disant que j’allais mieux, que bébé allait bien et que c’était tout ce qui comptait.

Reste que je suis traumatisée par cet événement. Au point que quand une amie, cousine, sœur se rue à la maternité, j’angoisse jusqu’à que je reçoive le fameux sms qui annonce que « bébé et maman font bien« .

Difficile de se lancer dans une aventure bébé 2 quand on a connu le mauvais côté de la chose d’entrée de jeu.

Ajoutez à cela une cotisation, opération de prévention du cancer du col de l’utérus. On me l’a pratiqué car on a découvert des cellules pré-cancéreuses, on m’a donc enlevé le morceau du col « abîmé » pour éviter que ces cellules ne s’étendent et dégénèrent en cancer. Un autre moment pénible.

Oui, une conisation n’empêche pas une grossesse mais cela complique les choses. Risque de fausse couche. Risque de naissance prématurée. Je n’ai pas la force pour tout ça… Trop de stress, d’incertitudes, de mauvais souvenirs…

Alors non, je ne veux pas de deuxième bébé. J’ai trop peur. Je ne dis pas que l’idée ne m’a jamais traversée l’esprit mais elle est balayée par l’image de mon lit qui se tâche de sang. Bien sur que ça me fend le cœur quand j’entends mon fiston qui me demande: « Maman, pourquoi tu n’as pas de bébé dans son ventre?« , alors que ses cousins et cousines accueillent un petit frère ou une petite sœur. Il a 2 ans et demi. Il m’en a parlé vers ses 2 ans, quand un bébé est arrivé à sa crèche. Il adorerait avoir une petite sœur. Il a même choisi son prénom. Ça me fait mal de l’entendre.

Mais on ne fait pas un deuxième pour faire plaisir à l’aîné. Et puis je refuse de prendre un risque. Bien sur, les accouchements sont différents. J’ai eu de la chance la première fois. Et si je ne remontais pas du bloc la seconde fois?

Rien que d’imaginer la douleur de mon fils et de mon mari et revivre ces minutes insoutenables suffisent à me convaincre que non, pas de bébé 2 pour moi.

Mon mari est d’accord avec moi. Il a été super traumatisé par tout ça aussi…On en a parlé, de l’éventualité d’un autre bébé, mais on est tous les deux d’accord, nous ne voulons plus revivre tout ça. On a trop peur des risques. Sans tout ça, je pense qu’on aurait eu un petit deuxième… Oui.

Alors, à celles qui lancent d’un air dédaigneux « Ah bon ? Pas de deuxième ? Mais c’est nul un enfant unique! Pauvre chou! » Je réponds: « Mesdames, nous sommes heureuses de voir votre famille s’agrandir. Nous partageons sincèrement votre bonheur, mais nous qui avons décidé de pas faire de deuxième, nous avons nos raisons. Qui ne vous regarde pas d’ailleurs! Et vous feriez mieux de vous occupez de votre *** plutôt que de nos histoires!« . C’est sec, mais c’est tout ce que j’arrive à répondre, car les gens ne se rendent pas compte tout ce que cela implique pour moi.

Si je tombais enceinte, je serai contente parce que j’estime qu’un enfant est un véritable cadeau mais pas aussi sereine que pour ma première grossesse…

Cet événement est gravé en moi, je n’en fais pas de cauchemars mais toutes ces images et l’angoisse reviennent me hanter à l’approche de l’anniversaire de mon fils. Et lorsqu’il m’arrive de repenser à ma descente vers le bloc et à ce que j’ai ressenti dans mon coeur à ce moment là, je me dis « J’ai la chance d’avoir un enfant, mais je n’en referai plus. »

J’assume le choix d’un enfant unique. Je suis une maman heureuse. L’heureuse maman d’un fils génial. Heureux lui aussi même sans frère et sœur.

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Merci pour ton témoignage Marie :-)

Je vous laisse réagir, témoigner à votre tour, bref, partager vos points de vue en toute cordialité sur ce sujet de l’enfant unique.

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