Allo Maman Dodo

24h sur Terre… (Récit de Maman)

Hello les amis!

Mon blog sert souvent de lieu de parole pour des parents qui ont envie de se livrer, de coucher sur « papier » leur histoire.

 

 

Voici le témoignage de T.

 

 

Cet été a été pour moi une nouvelle terrible épreuve dans ma vie. Je pensais que la perte de mon frère était l’épreuve la plus difficile de ma vie, que je n’allais jamais m’en remettre et puis j’ai appris avec le temps que l’on continue de vivre et surtout que l’on apprend à vivre avec l’absence de l’autre….

Puis, la perte de ma marraine a été un autre choc émotionnel, puisque je me suis rendue compte bien plus tard qu’elle s’en était allée pour de bon.

On va commencer par le début : 3 ans de relation nos années lycée.

Notre amour est assez fort, nous avons des envies assez différentes : l’un veut davantage un enfant que l’autre. Nous passons notre BAC, j’ai un retard de règles, j’ai mis ça sur le coup du stress du BAC pour moi c’était juste les hormones….

Les épreuves passent, les résultats tombent et puis toujours rien. Je commence à me poser des questions. Je passe à la pharmacie prendre un test après mures réflexions. Je fais le test, il est positif, je vais au médecin pour une prise de sang (ma mère est gynécologue et sage-femme).

Je ne partage ces résultats qu’avec mon chéri. Je fais la prise de sang, tout se confirme. JE SUIS ENCEINTE.

C’est vrai que moi, je suis totalement fan des enfants, en admiration devant les nouveaux nés (en lien avec le métier de ma mère ?). Je suis tatie mais je ne me sens pas prête sur le moment à être maman. Après, je me dis que si c’est ainsi nous allons assumer. Mon chéri à moi est ravi, il en rêve d’un mini-nous !

Je sais que ça peut paraître difficile à comprendre, mais nous avons appris à vivre avec cette merveilleuse nouvelle.

Je pense que quand on en a les moyens que l’on soit jeune ou pas, il suffit de se sentir prêt. J’ai beaucoup été jugée au début par rapport à mon jeune âge mais tant que nous et nos familles étions heureux, c’était le principal.

Mes problèmes de santé se sont intensifiés ces dernières années : je fais des pyélonéphrites (infections urinaires : cystites qui remontent jusqu’aux reins), je passe plusieurs examens de contrôle, mon rein droit est plus petit que le gauche et il filtre mal les urines.

On m’explique donc que je vais avoir une grossesse à risques. Mes problèmes de rein font partie intégrantes de ma vie, je vis avec au quotidien. Je ne m’inquiète pas énormément car je me dis que j’ai déjà surmonté des épreuves de la vie. J’ai aussi un bassin qui a une malformation mais si je reste au lit le plus longtemps possible je réussirais à garder mon bébé encore au chaud.

Nous en sommes déjà au cinquième mois (j’ai appris ma grossesse lors du troisième mois). L’été passe et je me familiarise avec ce petit ventre qui sort tout doucement. On effectue l’échographie du quatrième mois où on nous annonce que c’est une petite fille. Nous en sommes très fiers !

Je termine plus ou moins bien ce quatrième mois avec une infection urinaire, je prends un petit traitement pour la cystite afin que ça ne fasse pas un nouvel épisode de pyélonéphrite.

Le cinquième mois est lui plus difficile, il fait chaud et je commence à avoir des contractions. Nous redoublons de vigilance car c’est un peu tôt. Evidemment des contrôles sont faits régulièrement.

C’est à la fin du cinquième mois que tout se complique, les contractions sont de plus en plus douloureuses et j’ai cette douleur lombaire qui devient de plus en plus insupportable. Je suis hospitalisée depuis maintenant 3 semaines, les médecins m’expliquent qu’il faudrait dans l’idéal attendre encore une semaine afin d’entrer dans le sixième mois.

Ce rendez-vous dure plusieurs heures.

Trois soirs plus tard, les contractions ne se sont pas calmées, on me pose un monitoring et puis, on me dit que le travail à commencé pour nous !

J’accouche donc par voie basse (naturelle) sans péridurale. C’est ma maman qui supervise l’accouchement, alors pour moi je n’ai rien à craindre, je suis entourée des personnes que j’aime le plus au monde.

Après l’accouchement, notre petite Lucie est rapidement emmenée en réa-néo-nat.

C’est compliqué pour nous car on ne peut pas la voir. Les médecins nous ont bien expliqué que c’est un bébé qui est né beaucoup trop tôt, chaque seconde de sa vie est un miracle alors pour nous.

Elle vit ses premières heures doucement, on a le droit d’aller la voir mais quelques instants seulement….

 

Et puis, le lendemain, au moment où nous sommes tous les trois, les machines se mettent à hurler. S’en suivent les médecins qui arrivent rapidement et nous demandent de quitter la pièce. C’est très dur, mais il faut le faire pour notre puce.

Nous sortons et attendons le verdict des médecins.

Et puis, ils sortent et nous annoncent le pire.

Lucie.

Tu réussis à vivre 24 heures.

Dans ma tête, dans mon cœur, tout est confus, tout se mélange. Je n’entends plus rien, je ne vois plus rien non plus. Lucie n’est plus.

Nous avons eu le droit de la prendre dans nos bras qu’un petit instant.

Ce précieux moment est maintenant gravé à vie dans ma mémoire.

La suite est tout aussi difficile : Il a fallu organiser ses obsèques. Quelque chose qu’on aurait jamais pensé faire en tant que tout jeunes parents…

Je ne pourrais mettre de mots sur la peine que j’ai ressenti durant tous les moments qui ont suivi.

Je savais qu’on ne pouvait ressentir autant d’amour pour un enfant que lorsque c’est le sien.

Alors oui, je l’ai aimée d’un amour inconditionnel à compter du moment où j’ai su qu’elle était en moi.

Je l’ai aimé 6 mois, et 24 heures, et je l’aimerai toujours.

Je l’ai autant aimé que j’ai eu de la peine lorsqu’elle nous a quitté.

C’est un petit ange qui est parti trop tôt.

Maintenant, c’est ma bonne étoile, elle est au ciel avec son oncle et ma marraine.

Je savais qu’il était difficile de surmonter la peine de la perte de quelqu’un, après celle de mon frère je croyais que mon monde s’écroulait, il s’est à nouveau effondré quand tu es montée au ciel ma petite puce.

Si j’ai écrit tout ce récit, en plus de la lettre que j’ai lu lors de tes obsèques, c’est pour te dire que tu es toujours présente dans ma vie.

J’ai eu du mal à me relever de ta perte, on ne s’en remet jamais, car un moindre détail peut me plonger dans une immense tristesse. Tu as laissé un immense dans ma vie et dans mon cœur.

Avec papa, nous avons eu du mal à nous comprendre après cet évènement tragique mais nous allons nous recueillir sur ta petite tombe (moi tous les jours et lui aussi souvent qu’il peut) pour que tu vois que nous sommes là pour toi.

On continuera de fêter ta naissance à notre manière, tu es et resteras notre premier grand amour.

 

Si je fais ce témoignage c’est avant tout que je me rends compte que chaque histoire est différente et unique.

L’arrivée d’un enfant est le plus beau cadeau de la vie, leur perte est le pire.

Chaque personne vit la perte et fait son deuil à sa manière.

Il faut accepter de se faire aider que ça soit par sa famille ou par un spécialiste. J’en garde des séquelles à vie. On passe par des moments qui sont terribles et puis se dire que nous on est encore en vie donc autant essayer d’en profiter pour faire perdurer ton souvenir dans nos mémoires…

 

Merci T. pour ton récit, je n’imagine même pas la peine que tu as du ressentir, et que tu ressens encore au fond de toi…

Alors, vous, parents, après avoir lu ce récit, allez chérir vos loulous, les câliner, les embrasser, les respirer, et leur dire à quel point ils sont précieux!!

 

allomamandodo

4 comments on “24h sur Terre… (Récit de Maman)”

  1. mes parents ont perdu leurs enfants donc mes frere et souer ils avaient pour l’une 55 ans pas reveilles d’une anesthesie
    l’autre 50 ans renverse par un scooter
    c’etait leur enfant ils avaient fait et vecu pendant de longue années avec c’est insurmontable plus on a vecu avec plus c’est dur
    tendresse

  2. Ton témoignage n’a ému aux larmes, merci de t’être confiée sur cette histoire qui doit être ô combien douloureuse pour toi et pour tes proches. Je t’envoie une tonne de courage, mais tu as l’ait forte, je suis sûre que tu vas te relever et profitez de la vie car tu sais maintenant à quel point elle est fragile…

  3. Je pleure. J’ai tant de peine pour vous. J’espère que vous réussirez à surmonter cette douloureuse épreuve. Prenez courage. Il vous faudra beaucoup de temps et c’est normal. Je pense fort à vous T.

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