Bégaiement du jour au lendemain, un choc pour toute la famille... (Récit de maman)

Bégaiement du jour au lendemain, un choc pour toute la famille… (Récit de maman)

Je laisse la parole à Manuella qui avais envie de vous raconter son histoire.
Les enfants sont parfois cruels entre eux, surtout lorsqu’on est différent.
La petite charlotte a du surmonter le égaiement sur deux tableaux: Lutter personnellement contre ce blocage de langage et apprendre à vivre avec face aux autres.
Et si on expliquait à nos enfants qu’il faut accepter les différences?
Voici l’histoire de Charlotte, à qui je fais plein de bisous!
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Je m’appelle Manuella et j’ai  31 ans. Je vis avec Jean Baptiste 31 ans avec lequel je suis mariée depuis 6 ans.
Nous avons deux enfants: Martin 7 ans et Charlotte 5 ans.
Charlotte est une petite fille adorable, qui prend son temps pour grandir. Du temps pour passer chacune des étapes de sa vie.
Par exemple, elle a marché à 18 mois, tranquille…
Nous vivions à l’époque à Sainte Luce sur Loire, nous étions propriétaires d’ une petite maison avec petit jardin.
Bref, la belle vie, sans orage à l’horizon.
Jusqu’en avril 2015, où l’on se décide à mettre la maison en vente car nous voulions plus grand.
Changement de vie en perspective et pour notre famille encore plus de bonheur!
Après 15 mois, plus de 100 visites et des propositions en l’air, nous arrivons enfin à annoncer à nos enfants!
C’était un mardi soir de juillet 2016 (ils étaient en vacances au bord de mer), nous leur avons annoncé par téléphone : « Ca y est, la maison est vendue, nous allons changer de maison!!! »
Nous étions heureux inquiet aussi et maintenant il fallait se mettre dans la recherche de notre nouveau nid…
La semaine s’écoule, et on récupère enfin nos amours le vendredi soir, fatigués de cette semaine éprouvante à la mer…
Le samedi, petit temps tranquille en famille et là quelque chose nous interpelle: Notre fille Charlotte a du mal à parler.
Elle bloque sur les mots.
Le dimanche, pareil.
Moi, peu patiente, je m’énerve …
Je lui dis d’arrêter, de parler correctement, mais cela empire…
Entouré de nos familles , quinze jours s’ecoulent entre « laisse, cela arrive, le bégaiement c’est une étape » ou « faudrait peut être l’emmener au médecin quand même… »
Toutes ses remarques avaient le don de m’énerver mais aussi de m’inquiéter..
Je questionne ma belle maman qui avait Charlotte la semaine où cela s’est déclarée.
Et là on fait le rapprochement avec l’annonce de la vente de la maison!
Charlotte s’est réveillé le mercredi matin avec ses difficultés de paroles…
Après ces quinze jours et sans voir d’amélioration – voir même plus de l’aggravation – me voilà à prendre Internet et taper « orthophoniste Sainte Luce ».
Facile, me disais-je…
et bien, non, croyez-vous!
Trouver une orthophoniste en plein mois d’août.. Mission impossible!
Sur 15 appels, une seule répond à mon message et moi qui me disais de toute façon, y a six mois d’attente pour faire un bilan on est large..
Soulagement: « Je vous prend en urgence avec charlotte dès le lendemain ». Un premier rendez-vous avec mon mari et Charlotte. OUF.
Et nous voilà lancés dans le fameux protocole du bégaiement.
C’est à dire rendez-vous toutes les six semaines avec orthophoniste en famille, avec des conseils, des astuces: La regarder dans les yeux, prendre son temps, ne pas la précipiter, lui prendre la main, la rassurer, la valoriser, même en cédant des tonnes sur des petits trucs, lui redonner confiance en elle, pour que ses vilains mots deviennent tout doux dans la bouche de ma princesse…
Ce n’est vraiment pas simple. Tout ça à encaisser, autant pour Charlotte que pour moi.
Tout se retourne dans nos têtes.
Qu’à ton fait de mal?
Comment j’ai fais pour que ce soit comme ça?
Aurait-il fallu leur dire tranquillement, qu’on allait partir?
Cela fesait tellement longtemps…
On signe rapidement notre compromis de maison, et nous nous mettons à chercher.
Le coup-de-coeur arrive vite: 3 visites, une maison (ouf)!
En 15 jours: Vendu / acheté / signé, nous voilà soulagés!
Y a plus qu’à les rassurer nos loustiks ! 
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Cette maison, entre le jour où on la visitée et le temps de réponse de l’offre, notre fille Charlotte nous a dit: « Moi j’ai peur de partir, je veux pas dormir sous les ponts, je veux pas laisser mes jeux à la maison.. »
Et oui on ne se rend pas compte de ce qui se passe dans les petites têtes de nos amours…
Réassurance, revisite de la maison, choix de la tapisserie, même d’un petit chat pour tenter d’aider notre puce… Voilà la rentrée à l’école en moyenne section!
Dès le premier jour j’envoie un petit mail au directeur pour le prévenir du choc psychologique durant l’été de Charlotte et de ses difficultés de langages et encore plus dans une classe de 28 enfants!
Heureusement, on tombe sur une maîtresse en or! Une perle!
Aidée par orthophoniste et un guide sur le bégaiement elle prend soin de notre Charlotte…
Les progrès furent timides au début. En plus du manque de confiance en soi, le bégaiement n’avait rien arrangé: Les pleurs de Charlotte devant les exercices, par peur de me pas réussir, le besoin de l’adulte pour être rassurée…
Je cherche plusieurs solutions on me parle de kinesiologue.
Nous y allons. Il nous sort des choses sur notre histoire, sur ma grossesse, quand j’attendais Charlotte, faut-il y croire?
Plusieurs rendez vous avec la maîtresse, une inscription au cmp, pour l’aider avec des professionnels entre temps, une prise en charge chez une psychomotricienne privée, afin de l’aider à avancer en attendant une prise en charge au cmp (3-6 mois d’attente).
Ce fameux Rdv tant attendu pour l’aider..
Et entre temps une sacré évolution de ce bégaiement. De ces petit mots grognons qui ressortent tout doux.. Ces mimiques qui handicapent quand les mots ne veulent pas venir…
En ce moment, école finie, Charlotte est toujours suivi par l’orthophoniste une fois par semaine pour les difficultés de langages.
Le bégaiement s’étant apaisé avec l’aide de la psychomotricienne, qui lui a redonné confiance ainsi que par le cmp depuis fin juin..
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Ce bégaiement nous a fait beaucoup de mal à moi comme à elle et à notre famille proche.
Les inquiétudes des papys et mamys.
Pas simple de la voir comme ça.
On se sent nuls, impuissants.
Beaucoup de larmes…
Alors oui ce n’est qu’un bégaiement, mais un bégaiement peut être dévastateur tout de même…
Maintenant on est en bonne voie, on a fait tout pour aider Charlotte, et notre relation est encore plus fusionnelle qu’auparavant.
Ma princesse, on t’aime et on se battra pour toi comme pour ton frère qui lui aussi à souffert dans cette histoire, mais qui fait beaucoup pour toi voir même un peu trop parfois!!
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J’espère que mon récit donnera de l’espoir à ceux qui connaisse ce problème et verront d’un autre oeil les personnes qui bégaient.
Merci
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