Ils sont nés trop tôt, parfois beaucoup trop tôt…

Comment vous parler des bébés plumes ?

Ces bébés prématurés, ces bébés fragiles.

J’ai mené ma grossesse à terme, je ne saurai pas parler de ces accouchements surprises, de ces bébés d’à peine 1 kilo parfois.

Comment vous faire comprendre qu’avoir un bébé prématuré, ça peut être déstabilisant, choquant, humiliant ?

Comment expliquer le choc physique, psychologique de cette journée pas comme les autres ?

Saurais-je montrer à quel point on est pas préparé, que notre organisation par en vrille, qu’on a pas de vêtements pour ce bébé d’à peine 40cm et atteignant difficilement 900 grammes… ?

Comment pourrais-je dénoncer cette culpabilité maternelle qui survient aussi brusquement, lorsque la maman entend des mots tels que « c’est ta faute », « tu aurais pu le garder plus longtemps » ?

Je ne saurais vous raconter à quel point on se sent seule et inutile lorsqu’on nous enlève le bébé pour le mettre dans une « boite », et qu’on nous demande de rentrer chez nous, seule

Je ne saurais non plus expliquer comment certaines mamans font tout pour rester hospitalisées pour pouvoir rester proche de leur bébé…

Je n’arriverai pas à vous dire comment elle doit essayer d’allaiter ou bien tirer son lait, alors que son corps n’est pas encore préparé à la lactation…

Et ces bruits, ces « BIP-BIP » qui nous hantent la nuit pendant des années… Je ne les ai pas entendus, moi.

Et ces frayeurs ? Les apnées, les opérations , les arrêts respiratoires qui nous ramènent à nouveau à l’hôpital, les hémorragies, les anémies ? Comment les décrire alors que je ne les ai pas vécues ?

Comment parler de ce jour censé être le plus beau de sa vie qui se transforme en véritable cauchemar ?

De cette frustration de devoir être séparée de ce petit être qui ne vis que depuis quelques heures.

Cette vie de famille perturbée.

Et de cette maman qui doit attendre passivement que son bébé continue à se développer hors d’elle même.

De ce sentiment d’échec …

Comment vous faire ressentir la tristesse qu’à une maman qui se sent mise de coté, dont les proches ne se déplacent même pas pour elle, car « de toutes façons, on ne peut pas voir le bébé »… ?

Je ne pourrais pas non plus vous raconter la difficulté des mamans à établir une relation avec leurs bébé,

Comment vous  expliquer ces semaines d’hôpital, ce « moment en suspend » où les heures, les jours, ne comptent pas vraiment, et où on attend de rentrer enfin chez soi pour se sentir parent…

On ne se rend pas compte que les tuyaux et les sondes forment une « barrière sensorielle » qui empêche tout contact et toute fusion,

On ne se rend pas compte que le jour de l’accouchement n’est pas vraiment le jour de la naissance du bébé ? Qu’il y aura toujours un décalage.

Comment vous montrer qu’une maman qui donne la vie trop tôt ne devient vraiment maman lors de son premier peau à peau avec son bébé, qui n’arrive que plusieurs jours après son arrivé ? Qu’avant, elle reste observatrice, forcée d’attendre, d’espérer…

Et ce sentiment que bébé ne nous appartient pas, je ne peux le décrire, ayant eu mes filles près de moi dès leur naissance …

Comment vous décrire ce sentiment de peur, voir de rejet,  lorsqu’on voit pour la première fois son bébé au milieu de tout ces fils…

Comment vous expliquer qu’être préma, ce n’est pas une maladie, ce n’est pas une tare, et que bien sur, certains bébés ont des conséquences physiques plus ou moins légères suite à cette arrivée brutale, et que d’autres sont aussi en excellente santé ?

Mais que les premiers jours, ils ont du mal à respirer, à s’alimenter, que le cœur a du mal à fonctionner…

Pourrais-je vous dire qu’on a besoin de dons de lait en lactarium pour nourrir ces petits êtres ?

Et vous parler du soutien qu’une mère et un père ont besoin juste après la naissance, mais aussi pendant les premières années…

De ces examens, contrôles, visites à l’hôpital qui nous rappellent la venue prématurée de cet enfant …

Ou bien vous raconter la honte que certaines ressentent de ne pas être comme tout le monde ? Le malaise de devoir se justifier quand à la naissance prématuré de leur bébé ? Et de certaines retards de développement ?

Et la famille dans tout ça ? On fait comment avec les grands frères et sœurs ?

Et les aller-retour voiture ? Les km qu’on englouti jour après jour pour aller voir « la chair de sa chair » car il n’y a pas de place pour les parents ?

Comment se plaindre alors que certaines donnent vie à des bébés en souffrance ?

Comment vous parler de la souffrance psychologique, alors que je ne l’ai pas vécue ?

Comment vous faire ressentir l’horreur du jour où l’on s’aperçoit que l’on va devoir accoucher d’un bébé sans vie ? Bébé qu’on ne peut pas enterrer car trop jeune et maman qui n’est pas considérée comme légalement maman ?

Ou le jour où l’on se rend compte que bébé est trop faible, qu’il ne survivra pas, et qu’il faut le laisser partir, même si on y a cru, même si il a respiré, trop peu de temps…

 Comment vous parler de ces « bébés miracles » qui se battent du haut de leurs 720 grammes… Et qui vivent ?

De ces bébés qui grandissent, qui ont certes un poids plume, mais une volonté de fer, un caractère bien trempé…

Sans oublier le personnel très présent, qui se dévoue jour après jour au bien être des bébés,

Je ne peux pas… Mais elles, oui.

Toutes ces questions, toutes ces émotions, je les ai ressenties en lisant la vingtaine de témoignages de mamans…

Pour tous ces petits miracles de vie, je m’engage avec la fondation PremUp pour la marche des bébés.

Pampers soutient également cette marche, et sera présent le 15 juin à Paris.

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Si ces miettes de témoignage vous ont touché, vous pouvez, avec moi, soutenir la recherche, pour que ces bébés puissent recevoir de meilleurs soins, pour que les  retards de croissance intra utérin soient mieux dépistés, les mamans mieux averties.

Soutenez la collecte pour la marche des bébés et donnez quelques euros pour aider ces bébés à mieux démarrer dans la vie.

Je vous invite à déposer quelques euros sur la page de collecte de ma copine Running Et Talons Hauts!

MARCHE BB

Merci pour eux, pour ces bébés pas encore nés, pas encore conçus, mais qui eux aussi vont naitre beaucoup trop tôt.

Merci à Laetitia, Cécile, Solène, Elodie, Emmanuelle, Isabelle, Caroline, Priscilla, Mylène, Nathalie, Chsritelle, Amandine, Céline, Mélanie, Emilie, Maud

Parce que le combat continue aussi, bien des années plus tard…

Et les « bébés plume » Inès, Neela, Lyna, Simon, Sacha, Louane, Jules, Louis, Ylann, Maelya, Alice, Margot, Blandine, Max, Manon, Ethan, Lukas, Gabriel, Elouan, Maël, Mila, Léna, Lucas, Léo, Nolan, Cassidy, Mathys, Cléo, Loris,

Qui sont venus au monde à 25, 28, 30, 34, 35 semaines…

A Enzo, à Lilian…

Il n’est pas trop tard pour aider ceux qui naissent trop tot…

isabelle b

isabelle b mMerci à Isabelle pour les photos de petite B et petit M

Leur vie ne tient qu’à un fil, mais rien ne vaut leur vie…

Soutenez la marche des bébés.

(Merci d’avoir lu ce texte, j’ai eu beaucoup de mal a synthétiser et tout ce qu’il m’a été raconté. Merci à ces mamans qui se sont livrées. Des larmes ont coulées, des gorges se sont serrées, mais je pense qu’il est nécessaire d’en parler. Alors merci pour vos commentaires et vos dons qui nous montreront qu’avoir un bébé prématuré, c’est à la fois magique mais aussi difficile…) (et désolée pour les fautes ou les erreurs de syntaxes, mais c’est sorti comme ça…)

 De nombreux récits de mamans qui ont accouché de bébés prémas ici

 

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